La déshumanisation des déportés

 

 

La déshumanisation est par définition la perte de tout caractère humain. Il est question de déshumanisation dans les camps de concentration et d'extermination car les déportés perdaient, dès leur arrivée au camp, tout ce qu'ils possédaient en bien matériel ou moral. Ils sont déshabillés, tondus et désinfectés puis on leur donne une tenue avec un triangle indiquant leur « catégorie » enfin ils sont tatoués et identifiés par ce tatouage. Le fait qu'ils portent tous la même tenue leur enlève tout choix vestimentaire et donc les empêchent d'avoir leur propre style. La perte de leurs objets personnels enlève tout lien avec leur passé, par exemple une bague qui se transmet de génération en génération. Enfin la perte de leur nom et de leur prénom est sans doute ce qui leur fait perdre le peu d'humanité qui leur reste car ils n'étaient désormais plus identifiés par leur noms mais par une suite de chiffre tatoués sur leur avant bras tel du bétail. De plus le travail exténuant qu'ils faisaient, le fait de la tonte et l'extrême sous-alimentation dont ils souffraient leur faisait perdre toute apparence humaine. En effet, les américains ne purent distinguer l'appartenance sexuelle des personnes qu'ils croisaient, ce n'était qu'un « amoncèlement de squelettes ambulants ». Par le passé, les expériences scientifiques étaient effectuées sur des animaux puis avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir et par conséquent des hommes dans les camps les animaux devinrent libres les nouveaux sujets d'expériences étaient désormais les déportés, ce qui réduisit l'homme à l'état d'animal.

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Avant bras d'un ancien détenu.

Voici un tableau récapitulatif des expériences faites sur les déportés dans différents camps:

                               
 

Auschwitz

 
 

 Expériences de stérilisation sur des femmes   par injections intra utérines

 

 Expériences de stérilisation sur des hommes et   des femmes au moyen de rayons X (150 expériences)

 

 Étude de l'évolution du cancer de la matrice   (au moins 50 victimes)

 

 Expériences sur les phlegmons (au moins 30)

 

 Examens de l'atrophie du foie

 

 Modification dans l'organisme sous l'influence   de la faim

 

 Expériences sur les jumeaux (111 victimes)

 

 Expériences avec de la mescaline : obtention   des aveux

 

 Expériences à l'aide de brûlures (16 victimes)

 

 Expériences par électrochocs, sur des aliénés

 

 Expériences avec le sérum sanguin, afin   d'obtenir un titre d'agglutination plus élevé, mélange de sang des groupes A   II et B III

 

 Expériences sur la malaria

 

 Fabrication de moulages en plâtre d'organes   génitaux féminins prélevés sur les déportées

 
 

Buchenwald

 
 

 Expériences de "traitement" au   phénol

 

 Essais de vaccins de typhus exanthématique

 

 Contrôle du vaccin de la fièvre jaune (485   cobayes humains)

 

 Immunisation avec des vaccins de Frankel   (gangrène gazeuse) (15 victimes)

 

 Expériences sur des hormones

 

 Expériences sur la pervitine

 

 Expérience sur des bombes incendiaires au   caoutchouc phosphoreux (5 victimes)

 

 Expériences en grand nombre sur des vaccins ou   pseudo-vaccins contre la dysenterie, l'hépatite épidémique, la tuberculose...

 
 

Dachau

 
 

 Expériences de ponction du foie (175 victimes   environ)

 

 Expériences sur la malaria (1.100 cobayes   humains)

 

 Expériences d'absorption d'eau de mer (40   victimes)

 

 Expériences de basses pressions (plus de 200   victimes)

 

 Expériences sur le froid (250 victimes)

 

 Expériences sur la tuberculose (114 victimes)

 

 Opérations chirurgicales expérimentales   inutiles

 

 Essais d'alimentation

 

 Emploi de la mescaline

 

 Cristallisation du sang par solution

 
 

Mauthausen

 
 

 Mêmes expériences sur les vaccins (2.000   victimes)

 

 Expériences avec des poux contaminants

 
 

Natzweiler

 

Schirmeck

 
 

 Expériences sur le typhus

 

 Expériences sur l'ypérite et le phosgène (300   victimes)

 

 Expérience avec l'urotropine

 

Expériences menées par les professeurs Hirt,   Bickenbach et Letz, de l'Université allemande de Starsbourg, dans une section   spéciale appelée "Héritage des ancêtres"

 
 

Neuengamme

 
 

 Expériences de désintoxication de l'eau   potable polluée par des substances toxiques (plus de 150 victimes)

 
 

Ravensbrück

 
 

 Expériences sur la gangrène gazeuse (75   victimes)

 

 Expériences sur la régénération des muscles,   des nerfs et des os (nombre inconnu de victimes)

 

 Expériences de stérilisation de femmes

 

 Expériences de greffes de peau

 

 Expériences mystérieuses avec une poudre   blanche non identifiée

 

A Ravensbrück, les déportées soumises à ces   expériences étaient appelées les "lapins".

 
 

Sachsenhausen

 
 

 Expériences avec des balles de nitrate   d'acotinine (6 victimes)

 

 Expériences pour ralentir le rythme cardiaque

 

 Expériences avec l'ypérite (gaz moutarde)

 

 Expériences sur les différences sérologiques   des "races" (47 victimes tziganes)

 

 Expérience avec du cyanure de potassium (1   victime avérée au crématorium)

 

 Expériences de vessies artificielles

 

 Expériences sur les intoxications saturnines   insensibles dues à l'absorption d'eau provenant des conduites de plomb

 

 Expériences avec des sulfamides

 

 Essais d'alimentation

 

 Expériences sur la résistance au froid

 

 Essais pour déterminer le degré de solidité   des chaussures de la Wehrmacht

 

 

Josef Mengele, était un médecin nazi allemand actif notamment au camp de concentration d'Auschwitz où il a participé à la sélection des déportés voués directement à la chambre à gaz et s'est livré sur de nombreux prisonniers à des expériences à prétention scientifique constituant des crimes de guerre. Que faisait-il à Auschwitz ? Il participait aux sélections des déportés « valides au travail » à l'arrivée des convois. Il déployait ici une énergie et un zèle peu communs afin de remplir les chambres à gaz. Des témoins l'ont vu abattre lui même une mère qui refusait d'être séparée de ses enfants. Il utilisait les déportés pour ses expériences médicales. Il faisait mettre les jumeaux dans des blocks à part (des baraques). Il les examinait, les mesurait, les tuait pour disséquer leur cadavres. Ces expériences n'apportent rien, ne débouchent sur rien, mais il les continuait, dans une sorte de délire, d'obsession. Son objectif était de faciliter la reproduction des soi-disant "êtres supérieurs que seraient les "aryens", les Allemands. Il faisait une sorte de catalogue des traits physiques mais n'était aucunement un précurseur de la génétique. C'était plutôt une sorte de collectionneur d'anomalies physiques. Une de ses expériences, considérée comme horrible voir inhumaine, était l'expérience sur un nouveau né autrichien et juif né au camp. Ce nouveau né avait les yeux marron et Mengele tentait de modifier la couleur de l'iris du nouveau né par injections. Le nouveau né mourut.

 

Ceci nous montre le manque d'humanité dont faisaient preuve les médecins nazis envers les déportés. Dans le Ravensbrück, les déportés, sujets à des expériences étaient appelés « lapins » ce qui nous montre l'image péjorative qu'avaient les nazis envers ces personnes qui, pourtant, sont nés hommes au même titre que les chrétiens ou autres musulmans. Il était donc question de la déshumanisation de ces personnes en les abaissant moralement, en leur fournissant du travail dans de piteuses conditions, non rémunérés et de la nourriture périmée afin de les reconduire vers leur instinct premier celui de l’animal.

 

Tel des animaux, les juifs, étaient acheminés vers les camps en train avec des conditions de transports déplorables. En effet les personnes voyageaient debout les unes contre les autres sans nourriture ni hygiène, comme nous le montre un passage du film « la rafle » où nous pouvons voir des enfants juifs monter à bord d'un train, les uns contre les autres se serrant au maximum pour que d'autres enfants puissent monter. Les quelques survivants parvenaient jusqu'aux camps, les corps des autres étaient jetés dès l'arrêt du train. Avec leurs travaux exténuants, les coups et les maladies, les déportés offraient aux allemands l'image qui illustrait bien leur pensée: « les juifs étaient des sous-hommes ». Afin de mieux comprendre ce qu'Hitler pensait des juifs, nous allons voir comment étaient répertoriées les différentes catégories de personnes. Au sommet, les aryens, puis les anglo-saxons ensuite, les personnes d'origine latine ou romaine, les slaves et en dernier les juifs, les personnes de couleur, les maghrébins, les tsiganes et les handicapés. Au début, Hitler ne souhaitait déporter que les hommes juifs car leur capacités physiques leurs permettaient de faire les tâches des différents camps, ce qui revenait à abaisser les juifs à l'état de machine. Leurs quotidiens étaient programmés et, ils avaient pour but l'affaiblissement maximal de ces déportés afin qu'ils finissent par mourir d'épuisement. Avec de pareilles conditions de vie, les juifs revenaient à un instinct premier, ils volaient en majorité des chaussures qui étaient d'après certains rescapés des camps le premier vêtement à avoir pour survivre aux conditions de travail imposées. Enfin les quelques survivants de ces journées de dur labeur finirent par être assassinés par les soldats nazis.

 

En conclusion, les déportés étaient sujets à une déshumanisation totale, ayant pour but final l'extermination de la « race » juive.